Scribe: Que voudrais-Tu me dire sur le bonheur?
Enseignant: Le bonheur est naturel. Ceux qui le cherchent supposent qu’il n’est pas naturel, et qu’ils le trouveront dans une chose ou une autre. On ne peut pas trouver le bonheur parce qu’il ne manque pas. Il est toujours présent, en toutes choses et en tant que toutes les choses.
Celui qui ne connait pas le bonheur manque ce qui est présent. La seule chose qui puisse mener quelqu’un à manquer ce qui est présent, c’est en recouvrant ce qui est. Et “recouvrir ce qui est”, c’est ce que fait le mental, ou la pensée, ou bien l’imagination de ce qui n’est pas.
Celui qui n’est pas heureux devrait regarder le mental et lui dire: “tu es ce qui recouvre le bonheur existant”. Puis il devrait observer les pensées du mental et les considérer comme les fils qui, les uns dans les autres, font la couverture, puis commencer à les tirer un à un, rapidement, du mental.
Certains disent qu’on ne peut pas faire cela, mais tu peux le faire si tu désires te débarrasser de la couverture. Bien sûr que la couverture peut être présente maintenant; et bien sûr qu’elle semble être tissée de plusieurs fils, mais on peut tirer sur chaque fil jusqu’à ce qu’il s’en aille et ne fasse plus partie de la couverture. De cette façon, on peut défaire toute la couverture jusqu’à ce qu’elle se désintègre, n’ayant plus assez de fils pour la maintenir en place.
Scribe: Et comment s’y prendre pour tirer sur les fils?
Enseignant: On tire sur les fils en les interrogeant, en les questionnant. Quand on remet en cause leur réalité, on tire dessus. Par une enquête suffisamment poussée, les fils deviennent lâches, et il devient alors facile de les retirer de la couverture pour toujours.